Le jour de la cérémonie, le maire lit aux époux quelques articles du Code civil. Ils énoncent des obligations dont le contenu juridique est plus étroit, et plus mouvant, qu'il n'y paraît.
La revue
Comprendre les liens, le sien compris
Entrer en couple, c'est aussi entrer en relation avec des personnes que l'on n'a pas choisies. Les attentes à leur égard varient beaucoup, et elles se formulent rarement.
On dit volontiers que l'on se met en couple avec quelqu'un qui nous ressemble. La sociologie le mesure depuis longtemps, et la difficulté tient moins au constat qu'à son interprétation.
Le Code civil ne les définit pas et ne les organise pas. Les tribunaux en ont pourtant tiré quelques règles, sur la rupture comme sur les cadeaux.
On étudie depuis longtemps la manière dont un couple traverse les difficultés. Une partie de la recherche s'est intéressée à l'inverse : ce qui se passe quand l'un des deux annonce une bonne nouvelle.
Deux personnes peuvent vouloir la même chose et se séparer parce qu'elles ne la veulent pas au même moment. C'est l'un des désaccords les plus fréquents, et le plus mal formulé.
Celui qui se ferme au milieu d'une dispute paraît le plus calme des deux. Les mesures physiologiques disent exactement l'inverse.
Un époux seul propriétaire ne peut pas vendre le logement familial sans l'accord de l'autre. Cette règle méconnue est l'une des plus protectrices du droit de la famille, et elle ne vaut pas pour tout le monde.
Épouser la personne que l'on aime paraît l'ordre naturel des choses. C'est une idée jeune, minoritaire à l'échelle de l'histoire, et longtemps tenue pour déraisonnable.
Le concubinage est défini par la loi depuis 1999, et ne crée presque aucun droit entre les intéressés. Cette liberté a des conséquences précises, qu'on découvre en général au plus mauvais moment.
Les préférences que l'on annonce avant une rencontre prédisent très mal les personnes que l'on choisit ensuite. Le résultat est solide, et il dérange les portraits-robots.
Le facteur le mieux établi de l'attirance n'est ni le charme ni les affinités : c'est la probabilité de se croiser. Un résultat de 1950 que soixante-quinze ans n'ont pas démenti.
Quatre étiquettes circulent partout, tirées d'une théorie qui n'en emploie plus depuis longtemps. Ce que la recherche dit réellement est plus intéressant, et beaucoup moins définitif.
Le mot recouvre au moins trois expériences différentes, qui n'appellent pas les mêmes réponses. Les confondre est une source régulière de conversations sans issue.
L'un attend des mots, l'autre en produit peu et compense par des actes. Les deux sont attachés de la même façon, et chacun trouve l'autre distant.