On dit volontiers que l'on se met en couple avec quelqu'un qui nous ressemble. La sociologie le mesure depuis longtemps, et la difficulté tient moins au constat qu'à son interprétation.
La revue
Comprendre les liens, le sien compris
Les travaux établis sur les relations, et ce qu'ils ne permettent pas de conclure.
Les préférences que l'on annonce avant une rencontre prédisent très mal les personnes que l'on choisit ensuite. Le résultat est solide, et il dérange les portraits-robots.
Le facteur le mieux établi de l'attirance n'est ni le charme ni les affinités : c'est la probabilité de se croiser. Un résultat de 1950 que soixante-quinze ans n'ont pas démenti.
Quatre étiquettes circulent partout, tirées d'une théorie qui n'en emploie plus depuis longtemps. Ce que la recherche dit réellement est plus intéressant, et beaucoup moins définitif.
Une étude portant sur plus de dix mille couples a comparé la valeur prédictive de tout ce que la recherche croyait savoir. Ses conclusions sont décevantes, et instructives.
Plus une relation dure, plus on croit deviner ce que l'autre pense. La confiance dans cette lecture augmente ; sa justesse, non.
La satisfaction ne suffit pas à expliquer pourquoi on reste. Un modèle publié en 1980 ajoute deux facteurs, et rend compte de situations que le sens commun juge irrationnelles.
Ils sont réputés condamnés. Les travaux disponibles ne le confirment pas, et le moment critique n'est pas celui que l'on croit.
Le résultat est constant dans la littérature depuis cinquante ans, et il est régulièrement mal rapporté. Ce qu'il dit exactement mérite d'être précisé.
Presque toute la recherche sur le couple repose sur quelques questionnaires. Savoir ce qu'ils demandent change la façon de lire les résultats qu'on en tire.
Tout dire ou se taire, laisser de l'espace ou combler la distance : les recommandations s'annulent. Ce n'est pas un défaut du domaine, c'est sa nature.