Entrer en couple, c'est aussi entrer en relation avec des personnes que l'on n'a pas choisies. Les attentes à leur égard varient beaucoup, et elles se formulent rarement.
La revue
Comprendre les liens, le sien compris
Ce que chacun attend sans le dire, et ce que l'autre en comprend.
Deux personnes peuvent vouloir la même chose et se séparer parce qu'elles ne la veulent pas au même moment. C'est l'un des désaccords les plus fréquents, et le plus mal formulé.
Le mot recouvre au moins trois expériences différentes, qui n'appellent pas les mêmes réponses. Les confondre est une source régulière de conversations sans issue.
L'un attend des mots, l'autre en produit peu et compense par des actes. Les deux sont attachés de la même façon, et chacun trouve l'autre distant.
On juge sa relation à l'aune de celles que l'on croit observer. Le problème est que l'on ne compare pas ce que l'on croit comparer.
Être compris, être approuvé, obtenir une décision : trois demandes différentes que la même conversation prétend satisfaire. Elles ne s'obtiennent pas de la même façon.
Croire qu'une relation réussie se reconnaît d'emblée protège d'un mauvais choix et coûte cher ensuite. Deux façons opposées de concevoir le couple, et ce qu'on en sait.
Chaque couple fonctionne sur un contrat que personne n'a écrit ni relu. On en découvre les clauses le jour où l'un des deux les enfreint.
Presque tous les couples s'en déclarent partisans, et les emplois du temps racontent autre chose. L'écart ne s'explique pas par l'hypocrisie.
On relit les premières semaines comme on relit un roman policier, en cherchant les indices. La plupart n'en étaient pas.
Les dates, les rituels et les gestes convenus sont volontiers moqués. Ils remplissent pourtant une fonction précise, et leur absence se remarque plus que leur présence.
Le français emploie un seul terme là où d'autres langues en avaient quatre. Cette économie de vocabulaire produit une part des malentendus qu'on attribue aux personnes.