Un instrument peut donner le même résultat à chaque passation et mesurer autre chose que ce qu'il annonce. La psychométrie distingue ces deux qualités depuis ses débuts.
La revue
Comprendre les émotions, les siennes comprises
Ce que la recherche établit sur les émotions, et comment elle s'y prend.
Pas du tout, plutôt pas, ni l'un ni l'autre, plutôt, tout à fait : ce format domine la mesure depuis 1932. Il transporte trois biais bien identifiés.
Le jugement porté sur un épisode dépend de son moment le plus intense et de sa fin, presque pas de sa durée. Cela vaut pour les vacances comme pour les questionnaires.
Deux instruments portant le même nom peuvent classer les mêmes personnes dans un ordre presque différent. La distinction qui l'explique date du début des années 2000.
Une description de soi bien construite renseigne. Elle ne prédit ni une carrière, ni une relation, ni une réaction future, et prétendre le contraire est une faute de méthode.
Colère, dégoût, peur, joie, tristesse, surprise : la liste est enseignée partout. Elle a pourtant changé plusieurs fois, y compris sous la plume de son auteur.
Depuis une quinzaine d'années, la psychologie a découvert qu'une part de ses résultats les plus célèbres ne se reproduisait pas. Le domaine des émotions y a laissé plusieurs classiques.
Trois cerveaux empilés par l'évolution, l'archaïque, l'émotionnel et le rationnel : le modèle est enseigné partout et abandonné par les neurosciences depuis longtemps.
Un questionnaire n'observe rien : il enregistre une description de soi. Cela borne ce qu'on peut en conclure, et cela ne le rend pas inutile.
L'intelligence émotionnelle expliquerait 80 % de la réussite professionnelle, le quotient intellectuel 20 %. Ce partage ne provient d'aucune étude.
Le sigle circule depuis 1995 et suggère l'existence d'une mesure comparable au quotient intellectuel. Aucun instrument sérieux ne produit rien de tel.