Le mot a été forgé à la fin du XVIIe siècle par un médecin pour désigner un mal jugé grave. Il désigne aujourd'hui un état ordinaire, que la recherche décrit comme plutôt doux.
La revue
Comprendre les émotions, les siennes comprises
Un instrument peut donner le même résultat à chaque passation et mesurer autre chose que ce qu'il annonce. La psychométrie distingue ces deux qualités depuis ses débuts.
On croit rire de ce qui est drôle. L'observation des conversations ordinaires montre que l'on rit surtout avec quelqu'un, et souvent de presque rien.
Nous prévoyons assez bien si un événement nous réjouira ou nous peinera, beaucoup moins bien avec quelle force et pendant combien de temps. L'écart a été mesuré, et il porte un nom.
Nous sommes réellement émus par des personnages dont nous savons parfaitement qu'ils n'ont jamais existé. Le problème a un nom, et il n'est pas résolu.
La formule est un jugement déguisé en constat. Ce qu'elle désigne recouvre au moins trois choses différentes, dont deux ne sont pas des quantités.
Traumatisme, toxique, emprise, charge mentale : des termes issus de la clinique circulent désormais dans la conversation ordinaire. Le gain est réel, le coût aussi.
Certaines personnes reçoivent les confidences sans les avoir demandées. Le rôle est utile, il est rarement réciproque, et il n'est jamais compté.
Pas du tout, plutôt pas, ni l'un ni l'autre, plutôt, tout à fait : ce format domine la mesure depuis 1932. Il transporte trois biais bien identifiés.
Entre celui qui distingue quatre nuances de contrariété et celui qui n'en distingue qu'une, la différence se mesure. Elle porte un nom : la granularité émotionnelle.
Certaines personnes savent en entrant que quelque chose s'est passé. Cette perception est réelle, elle est utile, et elle ne renseigne pas sur la cause.
Le jugement porté sur un épisode dépend de son moment le plus intense et de sa fin, presque pas de sa durée. Cela vaut pour les vacances comme pour les questionnaires.
Elle est jugée déplacée presque partout, et pourtant elle a longtemps été un instrument reconnu de la vie politique et judiciaire. Ce qui a changé, ce n'est pas l'émotion.
La formule est la réponse par défaut à une question qui n'en est pas une. Elle n'est ni un mensonge ni une information, et la remplacer n'est pas toujours souhaitable.
Une remarque passe inaperçue chez l'un et reste chez l'autre pendant trois jours. Ce qui diffère n'est pas la sensibilité en général, mais ce que la phrase touche.