On croit rire de ce qui est drôle. L'observation des conversations ordinaires montre que l'on rit surtout avec quelqu'un, et souvent de presque rien.
La revue
Comprendre les émotions, les siennes comprises
Ce qu'on perçoit chez l'autre, et ce qu'on en déduit à tort.
Certaines personnes reçoivent les confidences sans les avoir demandées. Le rôle est utile, il est rarement réciproque, et il n'est jamais compté.
Certaines personnes savent en entrant que quelque chose s'est passé. Cette perception est réelle, elle est utile, et elle ne renseigne pas sur la cause.
Une remarque passe inaperçue chez l'un et reste chez l'autre pendant trois jours. Ce qui diffère n'est pas la sensibilité en général, mais ce que la phrase touche.
Nous lisons plus sûrement une voix qu'un visage, et nous nous en méfions davantage. Les travaux disponibles suggèrent que cette hiérarchie est inversée.
L'état d'une personne modifie celui des autres, souvent sans que quiconque s'en aperçoive. Le phénomène est mesuré depuis les années 1990.
La confiance avec laquelle nous devinons ce que pense quelqu'un n'a presque aucun rapport avec notre exactitude. Le paradigme qui l'a montré date des années 1990.
Beaucoup de conversations échouent sur une confusion : celui qui écoute croit s'engager, celui qui parle croit être contredit. Ce sont deux opérations séparables.
Comprendre ce que traverse l'autre et l'éprouver avec lui sont deux opérations distinctes. L'une soutient l'action, l'autre épuise.
Une absence de réponse ne contient aucune information sur sa cause. Nous en produisons une pourtant, immédiatement, et presque toujours à notre désavantage.
L'idée que six émotions se lisent sur tous les visages du monde a dominé cinquante ans. Une synthèse publiée en 2019 a montré que la correspondance est bien plus lâche.