Deux instruments portant le même nom peuvent classer les mêmes personnes dans un ordre presque différent. La distinction qui l'explique date du début des années 2000.
La revue
Comprendre les émotions, les siennes comprises
L'écrit numérique a perdu la prosodie et fabriqué en trente ans un système de substitution. Il fonctionne, imparfaitement, et il produit ses propres malentendus.
Une remarque anodine déclenche chez vous une réaction disproportionnée, toujours la même, dans les mêmes circonstances. Ce n'est pas une anomalie, c'est un apprentissage ordinaire.
Une description de soi bien construite renseigne. Elle ne prédit ni une carrière, ni une relation, ni une réaction future, et prétendre le contraire est une faute de méthode.
Nous lisons plus sûrement une voix qu'un visage, et nous nous en méfions davantage. Les travaux disponibles suggèrent que cette hiérarchie est inversée.
Sous le nom de compétences psychosociales, les programmes scolaires se sont saisis d'un objet qui n'y avait pas de place il y a trente ans. Les évaluations disponibles sont encourageantes et limitées.
Cœur rapide, mains moites, souffle court : le corps produit à peu près la même chose avant une bonne et une mauvaise nouvelle. Ce qui diffère est ce qu'on en fait.
Colère, dégoût, peur, joie, tristesse, surprise : la liste est enseignée partout. Elle a pourtant changé plusieurs fois, y compris sous la plume de son auteur.
L'état d'une personne modifie celui des autres, souvent sans que quiconque s'en aperçoive. Le phénomène est mesuré depuis les années 1990.
S'affirmer et s'emporter sont deux choses différentes, et les confondre coûte cher aux deux extrémités de l'échelle.
Des logiciels annoncent l'état affectif d'un client, d'un conducteur ou d'un candidat à partir d'une vidéo. Le règlement européen adopté en 2024 en interdit une partie des usages.
Depuis une quinzaine d'années, la psychologie a découvert qu'une part de ses résultats les plus célèbres ne se reproduisait pas. Le domaine des émotions y a laissé plusieurs classiques.
La confiance avec laquelle nous devinons ce que pense quelqu'un n'a presque aucun rapport avec notre exactitude. Le paradigme qui l'a montré date des années 1990.
L'idée qu'une bonne décision se prend à froid est confortable. Les travaux sur les patients à lésion frontale suggèrent que sans état affectif, on ne décide plus du tout.
Aucune langue ne dispose d'un vocabulaire complet des états affectifs. Ce qu'elle nomme d'un mot court indique ce que la société qui la parle juge important.