Georg Simmel décrivait l'individu moderne comme le point de croisement de cercles sociaux indépendants. L'idée a été reprise et formalisée, mais elle reste difficile à mesurer.
La revue
Comprendre les amitiés, les siennes comprises
Combien de liens, avec qui, et ce que le temps y change.
C'est l'une des régularités les plus fortes des graphes sociaux. Elle explique pourquoi les réseaux se referment sur eux-mêmes sans que personne ne le décide.
Formulée en 1954, elle soutient que la fréquentation entre groupes réduit les préjugés. Les conditions qu'elle pose sont plus exigeantes que sa reprise ne le laisse croire.
Changer de ville n'efface pas les relations, il en change la nature. Les enquêtes longitudinales montrent un remplacement plus rapide que la moyenne.
Les relations de voisinage ont reculé dans les réseaux personnels depuis les années 1960. Ce recul concerne surtout un type d'usage précis.
Ce n'est pas seulement le nombre de relations qui diffère, c'est leur étendue. Une analyse de 2022 sur des données massives a chiffré ce que les enquêtes suggéraient.
La question de savoir si elles remplacent ou complètent les relations hors ligne a été posée dès les années 1990. Les réponses ont changé deux fois.
Selon la méthode employée, la réponse va de trois à plusieurs milliers. Ces chiffres ne se contredisent pas : ils mesurent des relations différentes.
L'expérience de 1967 est célèbre, son taux d'aboutissement l'est moins. Les répliques à grande échelle ont confirmé l'ordre de grandeur sans lever l'objection principale.
Nos relations nous ressemblent, c'est l'un des résultats les plus constants de la sociologie des réseaux. En déduire une préférence pour le semblable est une erreur fréquente.
Un article de 1973 soutenait que les connaissances lointaines sont plus utiles que les proches pour trouver un emploi. Une expérience de 2022 l'a testé sur vingt millions de personnes.
Cent cinquante relations stables : le chiffre circule partout depuis les années 1990. Son origine est une droite de régression tracée sur des primates.